
Nom du blog :
henripohler
Description du blog :
Ce blog porte un regard personnel sur, entre autres, les avancées technologiques et leur utilisation
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
01.06.2010
Dernière mise à jour :
20.06.2012
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Que n'a-t-on entendu et lu ces derniers temps comme plaidoyers larmoyants sur les droits d'auteurs lâchement bafoués par des pirates sans scrupules : ces derniers ôtent sans vergogne le pain de la bouche de créateurs, sans lesquels la culture ne seraient plus qu'un immense désert ...
Quel déferlement médiatique n'a-t-on pas subi, à l'occasion du démarrage d'Hadopi, sur la nécessaire éradication des sites de téléchargement illégaux, et sur le respect absolu du droit d'un auteur d'autoriser ou d'interdire l'utilisation de son œuvre.
On peux considérer que ce combat est d'arrière garde, ou au contraire penser qu'il est essentiel à la pérennité de la création artistique.
Mes lecteurs savent que je suis plutôt du premier avis, et qu'une licence globale aurait apaisé cette guéguerre ridicule, et … rapporté beaucoup plus aux auteurs que ce qu'ils gagnent actuellement. Mais bon, soyons prêts à continuer le débat pour trouver une solution qui ne pénalise pas la culture elle-même.
Par contre, il y a une condition essentielle à ce débat : l'honnêteté de ses protagonistes.
Car il ne saurait y avoir d'échange sérieux avec des gens dont les pratiques démentent les discours.
A ce titre, la mésaventure instructive de Dominic mérite d'être rapportée. Ce développeur indépendant était un farouche partisan de la lutte anti-pirates, et, constatant que les sites de téléchargements illégaux vivaient, comme beaucoup d'autres, de pub, a mis au point des crawlers (robots d'indexation) qui peuvent surveiller ces sites sur tous les continents, et lister leur sponsors publicitaires. Avec l'idée d'inciter les ayants droits à faire sanctionner ces régies qui soutiennent le piratage, notre Dominic est allé présenter son projet aux mastodontes spécialistes des cris d'orfraie en la matière : la Paramount, la 20th Century Fox, et bien d'autres...
Surprise : loin d'obtenir les félicitations qu'il attendait, il s'est fait vertement éconduire !
Il ne pouvait pas savoir, le malheureux, que par exemple InterActiveCorp (40% des pubs en question, quand même...) appartient à l'ex-patron de la Fox et de la Paramount, et s'occupe activement de la pub … chez Fox. Donc, comme tous les autres (dont des sites gouvernementaux !) il n'a aucune envie de voir disparaître un espace publicitaire dont il profite … tout en l'attaquant en justice par ailleurs. Un bal des faux-culs dans toute sa splendeur...
Mais que croyez-vous qu'il arriva ? Dominic a fondé … un site de téléchargement illégal sans pub, capable d'offrir en téléchargement tous les contenus que ses crawlers trouvent sur les autres sites pirates !.. Et aux dernières nouvelles, il vend des licences pour profiter de son idée .
Mais bon, chez nous, rien à craindre, quand un responsable politique dit que le droit d'auteur est inviolable, il s'y tient !
Et pourtant... le sénat discute en ce moment d'une proposition de loi socialiste visant les œuvres graphique (sans animation) dites « orphelines », c'est à dire celles dont on ne connaît pas l'auteur. Autrement dit, quasiment tout ce que vous pouvez trouver gratuitement sur le web, déposé par d'autres pour le plaisir, le partage ou l'émulation !
Il s'agirait de confier la gestion de ces œuvres à une société professionnelle, qui autorisera leur usage, demandera une rémunération, et bien sûr poursuivra ceux qui les utiliseraient sans son autorisation.
Au nom du droit moral des photographes (?), avec lequel même l'exposé du rapporteur concède qu'il n'existe qu'un rapport plutôt marginal avec les œuvres orphelines, on va dans la foulée mettre sous tutelle des livres « orphelins », qui représentent tout de même 30% à 70% du patrimoine écrit.
Alors , quelle mouche pique donc nos sénateurs ? S'agirait-il de « défendre des auteurs absents », sans en avoir aucun mandat?
Voire . La Commission sur les œuvres orphelines est beaucoup plus explicite dans son livre blanc : il s'agit « de veiller à ce que l'exploitation d'œuvres orphelines ne concurrence pas artificiellement l'exploitation d'œuvres sous droits non orphelines ». Retour triomphant de la fameuse « concurrence libre et non faussée », qui permettra dans ce cas précis de réserver la culture à ceux qui en ont les moyens. Chez nous aussi, l'avidité s'avance masquée.